Autogreffe double vs simple chez les patients nouvellement diagnostiqués avec MM: Analyse de suivi à long-terme (10 ans) d’études randomisées de phase III

Présentation orale par le Dr Michele Cavo

Il existe encore une controverse quant à place de la double autogreffe (autoGMO) en tandem pour les patients éligibles atteints de myélome multiple de novo. Cette présente étude effectue un suivi à long terme de 3 études de phase III, de patients induits par un triplet à base de bortézomib (VTD ou PAD), suivi d’au moins une autoGMO et d’une consolidation et/ou maintenance. Les patients étaient assignés à recevoir une simple ou une double autoGMO.

909 patients ont été randomisés dans les bras VTD ou PAD et ont bénéficié soit d’une simple autoGMO (n=501) ou d’une double autoGMO (n=408). Le pourcentage de patients à haut risque cytogénétique était de 18 % dans le groupe simple autoGMO et de 23 % dans le groupe double autoGMO.

Après un suivi considérablement long (117 mois), la PFS des patients dans le groupe double autoGMO était de 47 mois versus 38 mois pour les patients dans le groupe simple autoGMO (HR=0,76; P=0,0008). La probabilité de OS à 10 ans était de 58% versus 47% en faveur de la greffe en tandem. Les bénéfices de PFS favorisaient le groupe double autoGMO dans les différents sous groupes, dont les risques cytogénétiques standards (PFS 53 mois versus 43 mois) et les hauts risques cytogénétiques (PFS 36 mois versus 20 mois).  De plus, la survie à 10 ans était de 72% versus 60% pour les risques standards et 51% versus 34% pour les haut-risques.  Dans une analyse multivariée, les facteurs prédictifs non associés à une prolongation de la PFS dans le groupe double autoGMO étaient le score ISS I+II, l’absence de T(4:14) et/ou del(17p) et l’obtention d’une rémission complète.  Les patients qui n’avaient 2 ou 3 de ces éléments (considérés à très haut risque) avaient un clair bénéfice de PFS/OS avec une double autoGMO; PFS 32 mois versus 20 mois et OS à 10 ans de 43% versus 20%.

Cette étude confirme la place de la double autoGMO en tandem pour les patients à haut risque. Cette étude démontre des données de survie très intéressantes (58% à 10 ans dans le groupe double autoGMO). Malgré que cette étude représente un mélange de méthodologies en termes d’induction, de consolidation et de maintenance, je pense que les bénéfices de la double autoGMO en tandem demeurent irréfutables pour les patients sélectionnés. Cette étude ne permet d’évaluer cette stratégie pour les autres facteurs cytogénétiques à haut risque, dont la t(14:16), la t(14;20) et les anomalies du chromosome 1.

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