Analyse de sous-groupe mise à jour des essais POLLUX et CASTOR issue de l’ASCO 2019

Les données actualisées d’efficacité et de tolérance en fonction du risque cytogénétique ont été rapportées pour les études POLLUX (affiche 8038) et CASTOR (affiche 8040). Ces données avaient déjà été rapportées antérieurement, mais avec un suivi médian moindre. Cette fois le suivi médian est de 44,3 mois pour l’étude POLLUX et de 40 mois pour l’étude CASTOR. On rappelle que ces deux études de phases 3 à répartition aléatoire regroupent des patients atteints d’un myélome multiple en rechute/réfractaire précoce (nombre médian de lignes de traitement de 1 pour POLLUX et de 2 pour CASTOR). L’étude POLLUX compare DRd au Rd (D = daratumumab, R = lénalidomide, d = dexaméthasone). L’étude CASTOR compare DVd au Vd (V = bortézomib). Le risque cytogénétique est évalué par la technique FISH à la recherche d’une ou plusieurs des anomalies suivantes dont la présence signifie un haut risque cytogénétique (HRC) : t(4;14), t(14;16), del17p. En l’absence de l’une de ces anomalies, les patients sont à risque cytogénétique standard (RCS). Le risque cytogénétique n’a pas été rapporté pour 100 % des patients.

Résultats pour l’étude POLLUX

  • HRC rapporté chez 12 % du bras DRd et 12 % du bras Rd
  • RCS rapporté chez 68 % du bras DRd et 62 % du bras Rd
  • Les données de survie sans progression (SSP) figurent dans le tableau 1
    (A = ensemble de la population en intention de traitement, B = résultats pour les patients ayant reçu une seule ligne de traitement préalable).
  • Pour le HRC, une MRD négative est obtenue chez 26 % des patients du bras DRd versus 0 % des patients pour le bras Rd, mais cette MRD se positivait rapidement (majorité des patients en MRD positive à 6 mois). Que ce soit pour le bras DRd ou Rd, et quel que soit le risque cytogénétique, l’obtention d’une MRD négative est associée à une meilleure SSP (tableau 2, A = RCS, B = HRC).
  • La SSP2 est aussi améliorée par le DRd comparativement à Rd à la fois dans le groupe HRC et RCS : non atteint vs 33,3 mois (HR = 0,54) et 37,7 vs 20,8 mois
    (HR = 0,38) respectivement.

Résultats pour l’étude CASTOR

  • HRC rapporté chez 16 % du bras DVd et 14 % du bras Vd
  • RCS rapporté chez 56 % du bras DVd et 57 % du bras Vd
  • Les données de survie sans progression (SSP) figurent dans le tableau 3
    (A = ensemble de la population en intention de traitement, B = résultats pour les patients ayant reçu une seule ligne de traitement préalable).
  • Pour le HRC, une MRD négative est obtenue chez 15 % des patients du bras DVd versus 0 % des patients pour le bras Vd. Que ce soit pour le bras DVd ou Vd, et quel que soit le risque cytogénétique, l’obtention d’une MRD négative est associée à une meilleure SSP (tableau 4, A = RCS, B = HRC).
  • La SSP2 est également améliorée par le DVd comparativement au Vd à la fois dans le groupe HRC et RCS : 34,2 vs 18,5 mois (HR = 0,41) et 28,1 vs 19,7 mois (HR = 0,58) respectivement. 

Conclusion

À la fois pour les études POLLUX et CASTOR et avec un suivi médian de plus de 3 ans, l’ajout du daratumab au groupe témoin permet, aussi bien pour le HRC que le RCS, d’améliorer la survie sans progression, le taux de MRD négative et la SSP2. Dans une perspective canadienne, ces résultats nous confortent à utiliser un triplet contenant du daratumumab chez les patients en rechute précoce de leur myélome quel que soit leur risque cytogénétique.

Voir le résumé de POLLUX
Voir le résumé de CASTOR