Évaluation du bortezomib en consolidation suite à une approche tandem d’autogreffe suivie d’une allogreffe de cellules souches hématopoïétique

Présentation par affiche par le Dr Richard LeBlanc

Cette étude de phase II évalue l’impact du bortezomib en première ligne de traitement administré en consolidation après une approche tandem d’autogreffe suivie d’une allogreffe de cellules souches hématopoïétique chez de jeunes patients ou ceux à mauvais risque atteints d’un myélome multiple.

Les données publiées antérieurement (Ahmad I. et al. BMT 2016;51:529–535) démontrent qu’avec un suivi médian de 8.8 années, cette approche tandem sans consolidation de bortezomib produit une survie sans progression estimée à 10 ans de 41%. Par contre, deux difficultés sont observées : 1) les récidives post-allogreffe restent fréquentes à près de 50%, et 2) l’incidence de GVHD chronique est fréquente de l’ordre de 80%. Cette présente étude propose l’utilisation du bortezomib en consolidation afin de réduire ces 2 difficultés et d’améliorer ces résultats.

Les patients éligibles présentent des facteurs biologiques ou cliniques à mauvais risque, ou encore sont £50 ans peu importe le risque.

Quarante patients atteints d’un myélome multiple ont été recrutés, dont 39 patients évaluables. L’âge médian est de 54 ans et 41% des patients ont un ISS 3 et 65% présentent une génétique défavorable dont 18% avec au moins deux anomalies (ultra haut risque). Le CyBorD (82%) et VTd (18%) ont été utilisé en traitement d’induction pour une médiane de 4 cycles.  Les patients ont reçu une allogreffe apparentée chez 41% et non apparentée chez 59%. Le bortezomib a pu être administré à 96.4% des doses prévues. Le bortezomib s’est avéré sécuritaire et bien toléré après l’allogreffe.

Les réponses à chaque phase de traitement se sont améliorées progressivement : ³CR chez 57% après l’autogreffe, 62% après l’allogreffe et 83% avec l’ajout de bortezomib; ³CR immunophénotypiques (sCR avec MRD négative) chez 21% après l’autogreffe, 26% après l’allogreffe et 63% avec l’ajout de bortezomib.

Avec un suivi médian de 24 mois, la survie sans progression médiane est de 34 mois avec une survie sans progression à 2 ans de 65% et une survie globale à 2 ans de 91%. L’incidence cumulative de progression à 2 ans est de 29% avec une incidence cumulative de mortalité non reliée à une récidive de seulement 6%. L’évaluation de la maladie résiduelle minime à 6 mois après l’initiation du bortezomib démontre une valeur prédictive sur la probabilité de progression. En effet, les patients obtenant une MRD négative à ce moment ont une probabilité de progression significativement moindre qu’avec une MRD positive.

L’incidence de GVHD aiguë de grade II-IV à 1 ans a été de 27% et de grade III-IV à 14%. L’incidence de GVHD chronique modérée-sévère à 2 ans a été de 47% et sévère à 9%. En comparaison à un groupe contrôle avec le même schéma de traitement sans consolidation de bortezomib, l’incidence et la sévérité de GVHD chronique ont été significativement moindres.

En résumé, ce schéma de traitement est sécuritaire et est associé à des réponses de grande qualité. La documentation d’une MRD négative à 6 mois de l’initiation du bortezomib est associée à une meilleure évolution. Particulièrement dans un contexte où les nouvelles modalités de traitement sont difficilement accessibles, l’utilisation de ce schéma de traitement pour les patients jeunes ou à mauvais risque peut être considérée.

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